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L’aventurière

Des mots liés aux émotions, un cri du coeur ou encore des pensées jetées sur un papier telles les couleurs sur une toile. Laisse-toi emporter par poésie en bulle lente.
Lydie Guerne

C’est si sombre.

Je ne distingue plus la boue sur ma toison.

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Tout est silence, je n’entends plus que le hululement de quelque oiseau nocturne.

Il m’a oubliée.

Les larmes se mêlent à la terre qui me recouvre.

Je sens un liquide chaud couler sur l’une de mes pattes avant.

A l’appel des sens, seul le goût me répond et me déclare la sensation épaisse du sang sur une langue desséchée.

Je meurs de soif.

Il m’a oubliée, c’est sûr.

Le silence se déchire au son d’un vent qui vient claquer contre mon visage.

J’entends un autre bruit, bien trop familier; il me glace sur place.

Mon sort est jeté, je suis condamnée par une mâchoire tranchante.

Je m’effondre sur une mousse mouillée, bordée de rochers.

J’aime tant cet endroit; le jour, on y voit la splendeur des montagnes et des lacs.

Je voulais simplement m’y rendre, rêver encore un peu.

Ces roches auront créé mon émerveillement, porté mes pensées et ma curiosité,

mais elles sont une épitaphe obscure que je ne souhaitais pas.

Je suis affalée, attendant mon sort, docilement.

Mais… Un autre bruit que je connais si bien, rassurant celui-ci.

Je relève la tête.

Une lueur faible à quelques mètres se déplace.

Petite luciole chaleureuse, qui grandit, grandit, à chaque pas.

Devient une silhouette imposante.

Il est venu!

Ses yeux sont remplis de larmes.

Il s’avance délicatement et me porte contre son coeur.

‘’Ton âme me plait tant! J’aime te voir t’émouvoir dans les hauteurs.

Je veux m’émouvoir avec toi. Je veux t’emporter dans chaque recoin de cette montagne, tout contre moi. Ne t’en va plus, cette vie je veux que tu la savoures dans mes bras.’’

Texte inspiré de la parabole de la brebis perdue; la Bible

Lydie Guerne

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