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Tout part de rien

Petites histoires en tous sens qui vous invitent à voyager dans les méandres de la vie ponctuée d'imagination et de réflexion. Laisse-toi porter par poussière d'Aventure.
Julie Villevet

Rien. Seul. Entouré de noirceur. Ce n’était pas une sombre obscurité. Elle était douce et chaleureuse. Elle était partout. Elle était nul part. Elle était présente, tout en étant inaccessible. Elle contenait tout, sans rien n’avoir en elle. 

Quand tout d’un coup, quelque chose de nouveau se produisit.

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Cela se répétait à un rythme régulier de plus en plus présent. Cela ne faisait pas partir le noir, mais le rendait plus profond, emplit de mystère. C’était en fait une note, qui inlassablement se répétait en boucle. D’abord plus faible qu’un murmure, elle prenait de plus en plus d’amplitude. Et soudain, une autre note se passa délicatement à côté de la première. Puis une autre. Et une autre, suivit d’une autre. Lentement une douce mélodie se forma. La musique timide, prit peu à peu tout l’espace.

L’obscurité perdait de sa noirceur. De petites tâches de gris très sombre explosait par-ci et par-là. On aurait dit que ce vide prenait de la texture, devenait d’une certaine façon solide. 

Était-ce vraiment là ? 

Non ! 

Il n’y avait rien dans ce vide. 

Non ?

A moins que… 

Dans une partie encore très noire, une microscopique sphère était apparue.

Brusquement sans prévenir elle était là. Insignifiante dans ce vide intergalactique mais présente. Il n’y avait plus, plus rien dans cette merveilleuse obscurité. Il y avait une sphère, si petite que l’on pouvait douter de sa présence. Pourtant elle était belle et bien là. Lisse, ronde, suspendue dans ce vide, immobile. Elle avait été voulue là. Posée en ces lieux.

Et alors que la dernière note de la mélodie retentie, la boule se mit à trembler. C’était comme si ces premières notes l’avaient créée et que l’arrêt soudain de ces mêmes notes était en train de… de la faire trembler ?

Elle ne bougeait pas, quoique c’était dur de le dire puisque qu’elle n’était dans rien. Mais sa surface ondulait de manière chaotique. Les tâches de gris, avaient cessé de bouger et de s’étendre. C’était comme si elles s’étaient arrêtées pour regarder la sphère. 

La petite sphère trembla plus violemment que jamais et se figea.

Et alors qu’on aurait pu croire qu’elle avait fini sa crise, elle explosa. Ce fut une explosion sans pareille qui ravagea ce grand vide. L’intérieur de la sphère fut projeté dans l’obscurité. Cette poussière, enfin libérée de sa cage se rependit dans tout l’espace. A première vue, à part ces grains multiples, rien n’avait changé. Sauf que l’obscurité ne contenait plus rien. Au contraire. Maintenant elle contenait en son sein le tout. Cependant si on regardait de plus près, on pouvait s’apercevoir que la poussière, à force de se rencontrer, commençait à former des minuscules boules informes.

Pour pouvoir vraiment observer les conséquences de cette explosion, il faut attendre quelques secondes. Ou pour certain quelques heures. Quoiqu’il soit vrai que d’autres soulignent avec ferveur qu’il a fallu des milliards d’années. Peut importe la durée que vous lui donnez. A l’époque le temps n’existait pas, il a pu tout aussi bien se passer une milliseconde que dix millions d’années. Que dis-je le mot lui-même ne signifie rien.

Après ces quelques instants, on pouvait alors observer de gigantesques sphères qui se baladaient dans l’obscurité de façon complexe mais parfaitement organisées. Les tâches de gris étaient de plus en plus présentes. Elles grandissaient et étalaient leur beauté. Car, oui, en effet comparé au noir inchangé, le gris était magnifique et si inattendu. Quand soudain quelque chose transperça tout cela. Si intense, elle chassa l’obscurité en un claquement de doigt. Refoulée très loin l’obscurité fuyait ce nouvel élément.

Il vrai que nous n’avons jamais vu de la noirceur illuminée.

Effectivement, l’un des globes de poussière s’était enflammé dans une explosion d’hydrogène. C’était la première source de lumière de cet infini plus vide. C’était aussi la première étoile, qui fut bien vite suivit par la création d’une multitude de semblable. Ainsi, l’obscurité n’était plus la seule reine de ce lieu incontenable. Non, elle devait partager son règne avec la lumière. Mais étonnamment il n’eut pas de dispute. Ces puissances se répartirent également la place de l’infini. 

Les éléments qui suivent ne concerne qu’une sphère en particulier. Petite, cachée, informe mais si importante. Pour protéger sa surface fragile, elle s’était constitué une sorte de bulle d’air qui l’entourait dans son entier. Cela avait l’air fragile de l’extérieur. Pourtant, cette simple petite bulle protégeait efficacement notre petit globe. Effectivement maintenant c’était dangereux d’être dans cette obscurité, percée de temps à autre de lumière. De plus petites sphères pouvaient entrer en collision avec les plus grosses et créer de grands ravages.

La surface de notre boule était compacte.

Les couches de poussière s’étaient tellement collées les unes aux autres qu’elles formaient une surface dure. Et sur ce sol, il y avait une étrange chose. Arrivée d’où on ne sait où. C’était quelque chose de nouveau. D’inconnu. D’incongru.

Parfois transparent, ou compacte, lisse ou irrégulier, d’un bleu pur à un vert émeraude passant par le bleu foncé, presque noir. C’était l’eau. Arrivée de nulle part, recouvrant presque toute la petite sphère. Ces vastes étendues d’eau qui restaient couchées contre le sol alors qu’il aurait été si simple de tomber dans l’obscurité environnante. La boule se mit à trembler comme la toute première sphère, celle qui était à l’origine de tout. Mais elle n’explosa pas, en tout cas pas tout à fait. Des déchirures se formèrent dans le sol, créant d’immenses failles. De la terre fut propulsée vers le haut, créant de grandes bosses irrégulières coupantes ou bombées, et de vastes surfaces qui étaient au-dessus de l’eau. 

Après cela il faut à nouveau attendre quelques secondes, heures, années et beaucoup se rapprocher pour observer les prochains changements.

Ce fut comme l’apparition de notre première sphère, avant il n’y avait rien et puis soudainement dans l’étendue bleutée apparut la première cellule. Petit être unicellulaire, origine de toute la création pour certain. Cette créature se multiplia et évolua de différente manière. Et après bien du temps, elles s’unirent pour créer les plantes. Après le noir, le gris, le blanc de la lumière, le bleu de l’eau, vient le vert. Les végétaux se répandirent partout. Aussi bien sur la terre que dans les profondeurs marines.

Et lorsque les plantes furent bien installées partout, les cellules se modifièrent encore et arrivèrent les premières espèces d’animaux. Là aussi il a fallu du temps pour que les premiers êtres composés de quelques poignées de cellule devient des êtres aussi complexes. D’abord les fonds marins furent peuplés. Il était plus simple d’évoluer sous l’eau. Cependant un jour elle se répandirent aussi sur la terre ferme et dans les airs. 

Et soudainement après l’évolution pour certain ou un geste d’amour pour d’autre.

Une créature se distingua des autres. Cette chose, peu féroce, peu velu, peu impressionnante, un peu bizarre, se révéla d’une étrange complexité. Cette espèce nomma les choses. Ainsi ce que j’appelle depuis le début obscurité fut nommée par eux ainsi. Les animaux reçurent des noms propres à chacune des espèces présente sur notre petite sphère qui fut appelé Terre. Le soleil leur étoile du matin et la nuit il y avait la lune entourée d’étoiles. Les plantes reçurent aussi leurs noms.

Et là il faut à nouveau faire un saut dans le temps. Oh celui-là est minuscule comparé aux autres. Mais il faut tout de même avancer l’horloge de quelques tours.

Big-bang. Une semaine. Évolution. Commencement. Début. Expansion. Naissance.

Tant de mot pour décrire la fin de cette douce obscurité. Elle qui ne contenait rien, tout en contenant déjà tout. L’Homme continue de nommer les choses au fur et à mesure qu’il les découvre ou les crée. Et malgré toutes ces trouvailles, il reste tellement de choses à comprendre. Si seulement notre toute petite sphère voulait bien nous raconter sa longue vie. Je suis sûr qu’elle possède une histoire passionnante à nous conter. 

Alors tendez l’oreille et peut-être que vous entendrez ce premier chant qui est à l’origine de tout un univers.

Julie Villevet

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