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Avatar: Un film pour la décennie

«Avatar» inaugure une nouvelle génération de films. Autant l’avancée technologique est impressionnante, autant l’histoire est standard. Deux rédacteurs de Just 4U analysent l’événement culture du début de l’année

Un bond en avant, une révolution, le cinéma du futur: chaque décennie a son film fétiche. En 1997, Titanic a crevé tous les plafonds en atteignant presque le milliard de budget. C’était James Cameron, déjà, derrière la caméra. Entre 1999 et 2003, la trilogie des Matrix a révolutionné les prises de vue avec sa technologie bullet time (caméra tournant au ralenti autour du sujet). Plusieurs commentateurs chrétiens avaient noté les troublantes ressemblances entre le trajectoire de Néo et celle du Christ (surtout dans le premier volet de la trilogie, disons). Avatar, c’est l’avènement de la 3D. Pandora, jardin d’Eden avec des griffes et de crocs en plus, est un univers féérique, magistral de beauté.

Changer de vie
Jake Sully, le héros du film de James Cameron, est cloué sur une chaise roulante, mais lorsqu’il endosse son avatar, ce corps d’emprunt, il peut courir, sauter de branche en branche et faire comme bon lui semble. Qui d’entre nous n’a pas eu des regrets de son passé? Qui n’a jamais souhaité pouvoir tout effacer et recommencer une nouvelle vie? Dans la vie chrétienne, le baptême est un acte de foi qui offre une vie nouvelle. Nous avons bel et bien une nouvelle manière de vivre et la promesse de renaître un jour dans un corps nouveau, inoxydable.

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Le libérateur envoyé
Envoyé comme espion parmi une race étrangère, les Na’vi, Jake Sully va en apprendre les coutumes, le langage et l’organisation, jusqu’à en tomber amoureux et à prendre fait et cause pour ce peuple opprimé. C’est une figure du Christ. Car Jake, en domptant le Toruk, la créature la plus puissante de la planète, devient le miracle attendu, le sauveur, même, qui va mener son peuple d’adoption à la victoire. Après deux heures quarante de film, le réalisateur parachève son œuvre dans la scène finale, lorsque le héros auquel le public s’identifie se retrouve côte à côte avec son avatar, afin d’endosser pour toujours son corps de Na’vi. Seul l’arbre de vie, haut lieu spirituel de la tribu, peut opérer le miracle.

L’harmonie retrouvée
Outre la vie communautaire, les croyants seront sensibles à la portée écologique du film et à la critique implicite du capitalisme brutal. Il faut comprendre que nous sommes habités par un désir profond de vivre en paix et en parfaite harmonie avec notre entourage et nous souffrons de ne pas y parvenir. Pandora et son système de connexion neuro-spirituelle entre êtres vivants se pose comme une solution au matérialisme qui étouffe notre civilisation.
S’agissant d’une tribu vaguement primitive, leurs cérémonies rappellent le chamanisme et le panthéisme – quoique le touchant moment où le héros est intronisé et tout le monde établit un lien physique en s’imposant les mains pour signifier la force du groupe rappellera à certains une réunion de prière charismatique. Et le savoir et la bonté, dans le film, sont quasi entièrement féminins; le monde des hommes se résume à la brutalité stupide. Cette atmosphère «new age» n’est pas du goût de tout le monde. On se consolera en se disant que c’est avant tout du grand spectacle et que la philosophie derrière est à prendre au second degré.

La majorité des humains est corrompue
Il y a enfin un plaisir paradoxal à voir la race humaine, dans l’habit du méchant, se prendre une raclée alors qu’une petite minorité de justes se battait aux côtés des Na’vi. Hollywood a souvent aimé prendre le contre-pied des mythes fondateurs. Typiquement, avec la question des Indiens, où plusieurs héros ont pris leur parti contre les méchants soldats yankees (Kevin Costner dans Danse avec les loups, en 1990, par exemple). Les chrétiens retrouveront ici un reflet de la théologie du reste fidèle dans la Bible: Dieu agit toujours au travers d’une minorité qui a choisi de lui rester fidèle.
En conclusion, le succès d’Avatar, alliant technologie dernier cri et trame épique standard, semble conforter la thèse selon laquelle les anciennes histoires restent les plus porteuses: un sauveur venu d’ailleurs, le Bien contre le Mal et une love story dans laquelle on peut voir un reflet de l’amour de Jésus pour son Eglise. Si cette histoire marche toujours aussi bien, c’est qu’elle est en nous; c’est qu’elle est la Vérité.

Just4U

Article tiré du numéro Just 4U n°42 – avril à juin 2010

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